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Fredric Wertham 1895-1981, Seduction of the Innocent



Psychiatre américain ayant mené une campagne contre les comics dans les années 1950. Disciple de Sigmund Freud et d'Emil Kraepelin, il se forme,  à partir de 1921, la conviction selon laquelle l'environnement et la condition sociale ont une influence majeure sur le développement psychologique des enfants. En 1932, il obtient le poste de senior psychiatrist du département des hôpitaux de la ville de New York. Il devient ainsi directeur des services psychiatriques de plusieurs hôpitaux new-yorkais. Il se distingue par ses collaborations avec les institutions judiciaires. Il intervient fréquemment dans des procès en tant qu'expert psychiatre. Il contribue à la mise en place d'un système d'évaluation psychiatrique des condamnés des tribunaux new-yorkais.

En 1934, son travail, qui le met fréquemment en contact avec des jeunes violents et/ou affectés de troubles psychiatriques, détermine l'orientation de ses activités scientifiques. Il recherche des facteurs environnementaux pouvant expliquer ces comportements, ce qui l'amène à s'intéresser à l'influence des médias de masse sur les enfants et adolescents. En 1941, il publie le livre Dark Legend, où il relate l'histoire vraie d'un meurtrier de 17 ans, qui avait selon lui une obsession particulière pour les films, les feuilletons radiodiffusés, et la bande dessinée.

Seduction of the Innocent et la croisade anti-comics
À partir de 1948, il s'engage dans une campagne contre les comics. Il publie notamment une interview dans le magazine Collier's Weekly intitulée Horror in the Nursery et The Psychopathology of Comic Books dans le journal scientifique l’American Journal of Psychotherapy. Wertham n'est pas le seul à critiquer les bandes dessinées, mais ses titres scientifiques et sa qualité de témoin-expert cité par les autorités dans de nombreuses affaires judiciaires le rendent particulièrement convaincant.

En 1954, il publie son livre Seduction of the Innocent. Il y décrit de nombreuses représentations ouvertes ou suggérées de scènes de violence, de sexe, d'usage de drogue et autres thèmes adultes qu'il a relevé dans ce qu'il appelle les crime comics, ce qui inclue tout comics contenant des scènes de crime, qu'ils soient consacrés à des histoires de gangsters et d'affaires de meurtre, de super-héros ou d'horreur. Il relate également des crimes commis par des lecteurs de comics, martelant sa thèse : la lecture de comics pousse les jeunes au crime. Le livre devient un best-seller ; des extraits en sont publiés dans des publications telles que le Reader's Digest.

Wertham est amené à témoigner auprès d'une commission d'enquête du Congrès sur la délinquance juvénile. Il y répète ses thèses : les comics sont l'une des causes de la délinquance juvénile. Pourtant le plus grand retentissement vient de l'éditeur William Gaines. EC Comics publie alors les comic books aux thèmes les plus adultes du marché, notamment dans le genre de l'horreur. Désireux de défendre son activité, il décrit la couverture d'une de ses publications où apparaît une tête de femme décapitée comme « de bon goût ». Reprise dans les journaux, cette réponse interprétée comme le symbole du cynisme des éditeurs dispose le public défavorablement à leur égard. Dans ses conclusions, la commission recommande aux éditeurs d'adoucir leurs publications.
Les principaux éditeurs créent un organisme appelé Comics Code Authority chargé de définir et faire appliquer un ensemble de règles sur le contenu approprié dans les comics.

Carrière ultérieure
Ses autres travaux ont tourné autour des thèmes plus larges de la violence et de la protection des enfants contre les traumatismes psychologiques. L'un de ses articles sur les conséquences psychologiques de la ségrégation raciale dans les écoles a été utilisé dans l'arrêt de la Cour suprême Brown v. Board of Education qui la déclara inconstitutionnelle dans les établissements scolaires publics. Un autre de ses ouvrages, Le signe de Cain, publié en 1966, traite notamment de l'implication de membres du corps médical dans la Shoah.
Wertham a toujours nié avoir été en faveur de la censure ou être opposé à la bande dessinée en soi. Dans les années 1970, il s'intéresse au monde des fanzines. Dans son dernier livre, The World of Fanzines: A Special Form of Communication, publié en 1974, il se montre très positif concernant cette activité, qu'il juge saine et créative.

Les thèses de Wertham sur le lien entre comics et violence juvénile ont été critiquées entre autres pour leur manque de rigueur scientifique et pour leur présentation erronée de certains des comics cités.

Œuvres
- Seduction of the Innocent, Amereon Ltd, 1954
- A Sign for Cain: An Exploration of Human Violence, Hale, 1968
- The World of Fanzines: A Special Form of Communication, Southern Illinois University Press, 1973

D'après : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fredric_Wertham

Télécharger
- Les «CRIME COMIC-BOOKS» et la jeunesse américaine, article des Temps Modernes n°118
   extrait de Seduction of the Innocent en Pdf

Voir :
- Histoire des Crime-Comic Books
- What Parents don't know about Comic Books

Lire aussi :
- Les secrets de « l’affreux » Dr Wertham
- Fredric Wertham : Citations et documents (en)





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