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La Productique et sa Culture : Les inventeurs français de l’imprimante 3D



Alain Le Mé­hauté



Jean-Claude André

On a retrouvé les vrais inventeurs de l’imprimante 3D

Trois se­maines avant le dépot du bre­vet amé­ri­cain par Chuck Hull (8 août 1984), le pre­mier bre­vet fran­çais est dé­posé le 16 juillet 1984. Deux autres bre­vets sui­vront en 1985.
Alain Le Mé­hauté travaille au centre de re­cherche de la Com­pa­gnie gé­né­rale d’élec­tri­cité à Mar­cous­sis, mais il a une oc­cu­pa­tion : la géo­mé­trie frac­tale. Le fin du fin serait de fa­bri­quer des ob­jets frac­tals. Sauf que cet objet est im­pos­sible à pro­duire en 1983 : « Il faut in­ven­ter une im­pri­mante 3D pour les fa­bri­quer. ». La rencontre avec Oli­vier de Witte, tra­vaillant à Mar­cous­sis (à la Cilas, fi­liale de la CGE) sur les la­sers va être prépondérente : Lorsque deux la­sers se croisent, on peut trans­for­mer un li­quide (mo­no­mère) en so­lide (po­ly­mère). Le concept de l’im­pres­sion en trois di­men­sions est né. Mais les pre­miers es­sais sont loin d’être concluants.
C’est à ce mo­ment qu’in­ter­vient Jean-Claude André, di­rec­teur scien­ti­fique à l’Ensic de Nancy qui leur dit : « Vous êtes com­plè­te­ment stu­pides de fo­ca­li­ser le laser en vo­lume, fo­ca­li­sons-le en sur­face. ». Une tech­nique du 2D et demi, couche par couche. Le mo­no­mère po­ly­mé­rise par fo­ca­li­sa­tion et il y a une fu­sion avec la couche d’en des­sous. Les es­sais conti­nuent avec un vieux laser à chlore qui fuit, tout est fait à la main, sans or­di­na­teur. Ils par­viennent fi­na­le­ment à im­pri­mer un petit es­ca­lier en co­li­ma­çon.
Le 16 juillet 1984, Alain Le Mé­hauté et Oli­vier de Witte dé­posent un bre­vet pour le compte de la Cilas. Alors que la ma­chine se per­fec­tionne au fil des ans, les in­ven­teurs dé­couvrent par ha­sard que la Cilas a fait le mé­nage dans son por­te­feuille de bre­vets et a cessé de payer les frais né­ces­saires à son main­tien  !
Le CNRS au­rait pu prendre le re­lais, mais il a es­timé que c’était un truc de ri­golo. Pour­tant, l’équipe dé­ve­loppe des pro­to­types pour des entreprises comme EDF sans trou­ver les quelques cen­taines de mil­liers de francs pour faire des ma­chines.

Pen­dant ce temps, l'em­ployeur de Chuck Hull le laisse créer sa so­ciété. Trente ans après le dépôt de son bre­vet, l’en­tre­prise qu’il a fon­dée, 3D Sys­tems, af­fiche un chiffre d’af­faires de 500 mil­lions de dol­lars. Elle est le lea­der mon­dial du mar­ché… L’un après l’autre, les trois in­ven­teurs fran­çais jettent l’éponge. Alain Le Mé­hauté de­vien­dra en­sei­gnant, Jean-Claude André pas­sera dans le privé, tan­dis qu’Oli­vier de Witte di­ri­gera un temps la fi­liale fran­çaise de… 3D Sys­tems. Et au­jour­d’hui, Chuck Hull est consi­déré, à tort, comme l’in­ven­teur de l’im­pres­sion tri­di­men­sion­nelle.











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