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La Productique et sa Culture : Chronologie de l’enseignement technique


Des origines à 1815

Au Moyen-Age et sous l’Ancien régime, l’activité économique non agricole était représentée par l’artisanat et le commerce. La formation professionnelle artisanale s’effectuait sous la forme de l’apprentissage, au sein d’une corporation de métiers, et reposait essentiellement sur la reproduction de gestes et de tours de mains. Pour le commerce, à partir du XVIe siècle, diverses maisons italiennes ou allemandes fondèrent des écoles pour l’apprentissage de la comptabilité, de la tenue de livres ou des langues étrangères. Ces écoles accueillaient aussi des élèves étrangers, dont des Français. La formation commerciale se limitait à un apprentissage empirique organisé à l’échope sous la tutelle du maître.
A partir du XVIIe siècle, pour répondre aux besoins en main-d’oeuvre qualifiée, tant civile que militaire, de la Monarchie et aux mutations dans l’organisation du travail (création des premières manufactures), ainsi qu’à des considérations d’ordre philosophique et éducatif, les premières écoles d’enseignement technique ou professionnel sont fondées :
- par les communes : écoles de dessin ;
- par des ordres religieux : rôle des travaux manuels dans les écoles primaires des Frères des écoles chrétiennes ;
- par l’État : écoles d’artillerie et de génie ; écoles d’hydrographie.

1747

Création de l’école des ponts-et-chaussées.

1783

Création de l’école des mines de Paris.

1794

Création de l’École centrale des travaux publics (future École polytechnique).
Création du conservatoire des arts et métiers. Sur le modèle d’expériences antérieures (comme le cabinet de machines de Vaucanson).

1803

Création de l’école d’arts et métiers de Compiègne. En 1788, le duc de La Rochefoucauld-Liancourt avait ouvert, à Liancourt, une école technique militaire pour les enfants des soldats de son régiment. Cet établissement est transformé en école d’arts et métiers en 1803 et transféré à Compiègne. Ses objectifs sont de former de bons ouvriers et contremaîtres.

1816

Création de l’École des mineurs de Saint-Étienne. L’Empire avait fondé deux écoles pratiques des mines à Geislautern et Pesey (supprimées en 1814). Pour les remplacer, l'école des mineurs, d’un statut inférieur à l’école des mines de Paris, fut ouverte.

1819

Création de cours publics et gratuits pour ouvriers au Conservatoire des arts et métiers. En 1819, le Conservatoire est réorganisé pour devenir une haute école d’application des connaissances scientifiques au commerce et à l’industrie.

1820

Création de l’École de commerce de Paris sur le modèle de l’École polytechnique. Réformée en 1905, elle prend le nom d’École supérieure pratique de commerce et d’industrie.

1825

Circulaire sur la création de cours industriels pour les ouvriers. Elle connut quelques applications (Nancy, La Rochelle) mais fut généralement peu suivie.

1828

Création de l’École centrale des arts et manufactures pour constituer une alternative à l’École polytechnique et former des ingénieurs pour l’industrie privée. Elle sera nationalisée en 1857.

1833

Loi Guizot sur l’enseignement primaire. Ce texte prévoyait aussi l’ouverture dans les chefs-lieux de département et les villes de plus de 6000 habitants d’une école primaire supérieure pour les enfants se destinant au commerce et à l’industrie.

1841

Loi sur le travail des enfants dans l’industrie. Avec le développement des manufactures textiles, les femmes et les enfants furent de plus en plus employés à des tâches pénibles et usantes. Craignant un affaiblissement physique de la main-d’oeuvre potentielle, les patrons du textile mulhousien prirent l’initiative de proposer une loi qui sera votée le 22 mars 1841 et qui prévoyait l’interdiction du travail des enfants de moins de 8 ans et la fréquentation obligatoire d’une école primaire pour les enfants au travail âgés de moins de 12 ans. Son application sera néanmoins difficile et une nouvelle loi la remplacera en 1873.

1843

Création de l’École d’arts et métiers d’Aix-en-Provence.
Création de l’École pratique des mines d’Alès combinant un enseignement théorique et des travaux pratiques. Cette école, destinée à former des maîtres ouvriers mineurs, n’est ouverte qu’aux ouvriers ayant déjà travaillé dans les mines.

1850

Création de l’École Pigier de Paris. Elle doit son succès à sa pédagogie qui prônait l’apprentissage individuel afin de tenir compte des possibilités de chaque élève.

1851

Loi sur le contrat d’apprentissage. Chargée de remédier à la crise de l’apprentissage, cette loi rendait le contrat d’apprentissage obligatoire. Mais ce contrat pouvait être simplement oral, aussi l’application de cette mesure demeura très insuffisante.

1863-1865

Commission sur l’enseignement professionnel. L’exposition universelle de Londres ayant montré le retard de la France, il est élaboré une première définition officielle de l’enseignement technique mais, sans une organisation générale de cet enseignement par l’État.

1863

Instauration de l’enseignement secondaire spécial. Victor Duruy tente de fonder un enseignement destiné aux jeunes souhaitant entrer dans l’industrie et le commerce. Cet enseignement secondaire spécial connut un certain succès avant d’être abandonné en 1902 puis officiellement supprimé en 1938.

1870

Création du Conseil supérieur de l’enseignement technique. Ce conseil a pour rôle principal de répartir les subventions de l’État et d’assurer l’inspection des écoles techniques.

1871

Ouverture des écoles supérieures de commerce de Rouen et Le Havre. A la suite de l’exposition internationale de 1862, on note un certain renouvellement de l’enseignement commercial. La défaite de 1870 et l’effondrement de l’Empire accentuent cette tendance. L’objectif est de former de nouvelles élites marchandes capables de rivaliser avec l’Angleterre et l’Allemagne. En 1914, 8 écoles fonctionneront sous ce statut.

1873

Ouverture de l’école d’apprentis du boulevard de la Villette à Paris (future École Diderot). Octave Gréard, préconisa la création d’une école modèle combinant formation théorique et travail à l’atelier. Il s’agit de la première école professionnelle de la ville de Paris.

1880

Loi portant création des écoles manuelles d’apprentissage. Cette loi crée un nouveau type d’école publique et marque une évolution de l’État à l’égard de l’enseignement technique. Ces écoles peuvent être subventionnées par les deux ministères de l’Instruction publique et du Commerce et de l’Industrie. Ce statut régit aussi les futures écoles nationales professionnelles et les écoles professionnelles de la ville de Paris jusqu’en 1900.

1881

Création des Écoles nationales professionnelles (ENP) de Vierzon et Voiron. Les « écoles nationales primaires supérieures et professionnelles préparatoires à l’apprentissage », rebaptisées ultérieurement Écoles nationales professionnelles, devaient servir de modèles aux futures écoles manuelles d’apprentissage. Leur niveau s’élevera progressivement, une part importante des élèves les fréquentaient pour préparer le concours d’entrée aux écoles d’arts et métiers.
Création de HEC. L’École des hautes études commerciales se concevait résolument comme un établissement d’enseignement supérieur et ne recrutait ses élèves que dans le secondaire. Son objectif était de former à la direction des affaires dans le commerce, l’industrie ou la banque. Son fonctionnement était calqué sur celui des grandes écoles d’ingénieurs.

1887

Création au ministère du Commerce et de l’Industrie d’une Direction du Personnel et de l’Enseignement technique. En 1920, cette direction est incorporée dans le sous-secrétariat d’État de l’enseignement technique rattaché au ministère de l’Instruction publique.

1888

Création de l’Inspection de l’enseignement technique.

1892

Création des écoles pratiques de commerce et d’industrie. La loi de finances de 1892 transforme 12 écoles primaires supérieures dotées de sections professionnelles  en Écoles pratiques de commerce et d’industrie (EPCI). Chargées de former « des employés du commerce et des ouvriers aptes à être immédiatement utilisables », ces écoles se développent rapidement et leur nombre passe de 12 en 1892 à 122 en 1941.

1896

Loi Liard sur les universités qui permet la constitution d’instituts techniques auprès des facultés. Après la défaite de 1871, la France tente de réorganiser ses universités dans le but de former une nouvelle élite. Cette réforme permet aux facultés des sciences de créer des instituts techniques destinés à former des ingénieurs.


De 1900 à 1939 [ suite ]





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