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Le monde du travail : petite histoire industrielle du 14e

Le monde du travail
Petite histoire industrielle du 14e


Article paru dans le n°90 de "La Page du 14e arrt". http://www.lapage14.info


L'épisode industriel qui se termine dans les années 1960 a modifié le paysage du 14e.

On a peine à imaginer aujourd’hui la physionomie du 14e au temps du développement industriel. Des industries mécaniques étaient implantées au sud de l’arrondissement, depuis le secteur de la rue Didot jusqu’à la porte de Vanves. A leur départ, beaucoup ont laissé place à des HLM. On peut citer quelques exemples. L’entreprise Bréguet, installée 19 rue Didot vers 1880, fabriquait turbines et moteurs ; 641 logements HLM sont construits après son départ en 1960. Les usines Ballot, ouvertes vers 1905 au 35 boulevard Brune, fabriquaient des moteurs de marine. Elles se lancent ensuite dans l’automobile, avec des modèles de compétition, puis grand public. Elles comptaient 800 ouvriers quand elles sont reprises, en 1931, par Hispano-Suiza. A leur départ, en 1948, les logements sociaux de la SAGI, aujourd’hui repris par la RIVP, prennent la place. Les établissements Ernault, spécialisés dans les machines-outils depuis 1890, quittent le 169 rue d’Alésia en 1969, de même que la Société des mines de bitume et d’asphalte localisée au 191 rue d’ Alésia. Les logements sociaux, ateliers et commerces qui la remplacent contribuent à la rénovation de Plaisance.

Locaux de l’imprimerie Bussière, au coin rues
des Plantes-Morard, transformés en appartements. ->
Imprimeries et ateliers
Les imprimeries et ateliers s’étendaient surtout de Montsouris à la rue Didot. Le Petit Écho de la Mode, qui emploie alors 480 personnes, s’installe rue Gazan en 1902. La société connaît une première expansion en Bretagne dans les années 20 et devient les Éditions de Montsouris après la guerre. Suite à une deuxième expansion à Massy en 1957, l’imprimerie y part en 1969, laissant la place à 230 logements. La maison d’édition Arthème Fayard fait construire, en 1880, un magasin en bois rue du Saint-Gothard pour y entreposer ses publications. Celui-ci brûle en 1905, est reconstruit en briques et A. Fayard y installe ses bureaux. En 1958 Hachette prend une part majoritaire et transfère le siège. Une nouvelle imprimerie et un dépôt de timbres-poste sont construits, en 1895, au 103 boulevard Brune. L’imprimerie partira pour Périgueux dans les années 1970-1973. Le groupe Bussière est toujours présent (voir encadré). Quant aux ateliers, les plus connus étaient ceux de la Samaritaine, boulevard St Jacques, et de la Belle Jardinière, rue Didot. Ils employaient surtout des femmes.

Bière, café et chocolats
Est-ce en raison de l’importante population ouvrière qui travaille en usine ? On ne compte pas moins de quatre bras- series, en 1908, qui ont réaménagé, pour la fermentation et le stockage, des carrières du secteur Tombe-Issoire, Dareau, Sarrette et voie verte (Père Corentin). La brasserie “nouvelle Gallia”, rue Sarrette, sera la dernière à fermer, en 1968. Il s’ensuit une opération immobilière et la construction de logements d’habitation.
Un autre exemple remarquable est celui de la brûlerie de café “Au planteur de Caïffa” installée en 1890 rue Boulitte. La société développe la vente à domicile au moyen de petites poussettes aux couleurs de l’enseigne et la distribution dans l’hexagone de produits coloniaux par voitures à chevaux.
L’établissement s’étend en 1909 à Malakoff où elle fait construire une usine modèle pour la fabrication de biscuits. À son apogée elle emploie plusieurs milliers de personnes. La société a racheté la marque “La maison du café” en 1962. Les bâtiments sont aujourd’hui détruits. L’usine de production de la marque est actuellement à Andrézieux. La chocolaterie Salavin, quant à elle, ouvre en 1873, avenue d’Orléans. Cette fois, le magasin existe toujours !

Annette Tardieu et Dominique Gentil

Sources : La mémoire ouvrière, CFDT-UTR Paris 14e ; sites web des entreprises.

Trois générations d’imprimeurs dans le 14e !

Les imprimeurs ne sont pas tous partis. Le groupe Bussière, fondé par le grand père Fernand en 1924, installé rue des Plantes en 1936, est toujours fidèle au poste, aujourd’hui 21 rue de Châtillon. L’imprimerie Desgrandchamps, fondée en 1878, localisée 159-163 boulevard Brune, l’a rejoint en 1954, puis la société Glory.
Le groupe est spécialisé dans le haut de gamme. Le métier a bien changé. Grâce au “musée Bussière des arts et industries graphiques” le visiteur peut suivre, au travers des archives familiales, les évolutions fantastiques des industries graphiques de reproduction. Que de chemin parcouru depuis les premiers systèmes de quadrichromie, les premiers scanners, énormes machines compliquées dont il reste quelques spécimens au musée, et les techniques numériques actuelles les plus avancées, maniées par quelques spécialistes que l’on peut voir à l’oeuvre devant des écrans d’ordinateurs !
Bussière, spécialiste du pré-presse, de l’image numérique, est en lien direct avec le monde de l’art et de l’édition, partenaire des plus grands photographes, calligraphes, presse magazine (Vogue, Glamour) et, à l’occasion, mécène de jeunes artistes. Desgrandchamps est une plate-forme d’édition, spécialisée dans la conception et la réalisation de supports de communication. Glory spécialisée dans les sacs et emballages promotionnels pour produits de luxe, propose également, au travers de son site internet www.comptoir-emballage.com, des produits personnalisables aux entreprises ou aux particuliers. Les standards du groupe, créativité, qualité, service, lui ont valu de nombreuses distinctions. Longue vie dans le 14e !

Pour la visite du musée :
Nicolas Bussière, 01 45 39 00 78 ou 06 14 34 77 96, n.bussiere@bussiere.fr
Pour en savoir plus : www.groupe-bussiere.com



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